État d’urgence et prévention du terrorisme, du difficile équilibre entre sécurité et libertés

L’état d’urgence est une réponse jugée nécessaire face à une situation exceptionnelle.

Cependant, l’emploi du mot guerre (jugé inadapté à la situation) et la couverture médiatico-politique créent un climat anxiogène, génèrent une psychose chez nos concitoyens.

Mais, il faut reconnaître que la première privation de liberté est l’insécurité. En ce sens, l’instauration de l’état d’urgence a eu un effet positif dans la mesure où l’intervention des forces de l’ordre a permis de s’attaquer à la criminalité organisée, à la délinquance.

Par ailleurs, l’état d’urgence provoque également un phénomène de polarisation des citoyens (pour ou contre), une tendance à la stigmatisation, à l’exclusion, et favorise la délation.

De plus, le comportement agressif des jeunes vis-à-vis des forces de l’ordre lors des manifestations témoigne d’un fossé générationnel, d’un état de tension dans la société. Ce constat conduit à s’interroger sur l’existence d’un terreau favorable à l’émergence de la menace terroriste.

On peut alors craindre une déstructuration de la société.

Cette situation montre l’échec des politiques publiques menées depuis trente ans. C’est un constat d’échec des politiques de prévention, d’intégration, de la sédimentation d’un clientélisme à caractère communautaire, avec des effets particulièrement néfastes sur le fameux « vivre ensemble ». C’est aussi le reflet d’un besoin de clarification des responsabilités dans le cadre de la décentralisation.

Dans ces conditions, l’état d’urgence est appelé à durer. Cette pérennisation pose deux questions concernant ses modalités :

  • adaptation du cadre législatif à la situation actuelle, en particulier le rôle de la justice ;
  • adaptation des moyens, en particulier humain.

On peut s’interroger sur le maintien de l’Euro 2016. Est-ce que la tenue de cette manifestation est judicieuse, et politiquement acceptable en état d’urgence ?

Mais ces événements sont aussi le révélateur des limitations, des faiblesses de l’Union Européenne, et du besoin d’une harmonisation des procédures. Ils font ressortir une lourde responsabilité internationale en raison de notre interventionnisme débridé. Ils posent également de nos relations avec les pays producteurs, la question du double langage, notamment vis-à-vis de l’Arabie Saoudite. Et ils mettent en exergue les contraintes de notre dépendance énergétique et la nécessité de réduire nos besoins.

En conclusion, la situation réclame un renforcement de la démocratie, du vivre ensemble, du contrôle de légalité, dans le cadre d’un projet de société. Ce devrait être l’enjeu des élections de 2017.

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