État de l’Union

Brexit, politique internationale, accord UE/Turquie sur les réfugiés, terrorisme, démocratie, …la construction européenne a-t-elle encore un avenir ?

En guise d’introduction, Jacques Fayette a rappelé les dossiers chauds du moment au sein de l’Union Européenne : union bancaire, migrants, terrorisme, défense, Brexit, Turquie.

S’agissant de Schengen, il a souligné qu’il y avait en France 400000 travailleurs frontaliers et qu’il voyait mal comment on pouvait envisager de revenir sur les accords de libre circulation.

Il a également évoqué le transfert de pouvoir au sein des institutions. Le Conseil Européen (chef d’état et chefs de gouvernement) semble avoir pris l’ascendant sur le Parlement Européen et sur la Commission Européenne. Cette préséance est d’autant plus gênante que certaines décisions peuvent être prises à la majorité qualifiée, au grand dam des petits pays.

Et pour finir, il a reconnu, et regretté, la position de faiblesse de la France dans ces institutions.

L’élargissement à marche forcée a miné le caractère homogène initial de la communauté des états fondateurs. Il s’avère donc souhaitable que l’Union Européenne définisse ses délimitations géographiques et culturelles. Les grandes réformes institutionnelles sont incomplètes, révélant des failles institutionnelles, notamment la monnaie unique et la crise financière, la libre circulation (Schengen) et le terrorisme. L’arrivée en force des eurosceptiques au Parlement Européen traduit la défiance des peuples vis-à-vis d’une Union qui ne répond plus à leurs attentes. On assiste ainsi à un délitement de l’idée communautaire qui conduit au repli national et à l’émergence d’une concurrence entre les états, dont un des exemples révélateur est la crise des travailleurs détachés.

L’Union Européenne est en crise. Dans son format actuel, la tendance manifestée par les chefs de gouvernement et le chef d’état conduit à une impasse institutionnelle. Il faut donc imaginer une nouvelle organisation et de nouveaux modes de fonctionnement.

La nouvelle organisation comprendrait trois groupes de pays membres :

  • un noyau fédéraliste, composé autour des membres fondateurs
  • des membres partenaires, comme par exemple le groupe de Visegrad,
  • des membres associés, par exemple le Royaume-Uni, auxquels pourrait se joindre la Turquie.

Le fonctionnement reposerait sur une harmonisation institutionnelle plus poussée autour de projets communs à l’instar de la PAC, de l’aéronautique (Airbus), du spatial (ESA).

Il conviendrait également de rationaliser le rattachement des partis politiques nationaux en fonction des partis européens, le MoDem adhérant à l’ALDE.

Les événements récents ont fait prendre conscience aux français de l’importance du fait européen qui doit devenir un thème fédérateur du centre pour les élections de 2017. D’ici là, l’effort doit être porté sur l’information des citoyens.

 

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