Au delà de la Cop 21 et dans nos territoires, y a t’il encore une place pour l’environnement dans le budget de la nation ?

Quelques chiffres pour illustrer les enjeux de la question

  • les importations en France représentent 30% des émissions de gaz à effets de serre par la France,
  • 30 % de la pollution atmosphérique est due aux bâtiments et 30% au transport fluvial et maritime,
  • la pollution atmosphérique provoque 40 000 décès par an en France
  • sur Terre c’est environ 200 000 hab supplémentaires par jour, avec deux types de population : la première qui se demande ce qu’elle mange à midi et la deuxième qui se demande si elle mange aujourd’hui
  • la commande publique représente 15% de la consommation en énergie en France
  • l’économie de l’environnement peut générer 1 million d’emplois en France.

Les dernières mesures environnementales, les interventions des lobbies illustrent que les actions doivent trouver un intérêt économique. Des axes de développement très précis sont possibles à deux échelles.

A l’échelle du territoire local, l’intercommunalité, la Région

  • Favoriser le « made in France » et la production à l’échelle du territoire. La commande publique peut être incitative en favorisant les clauses environnementales sur le bilan carbone ou d’émission de gaz divers par exemple. Ces dispositions vont renforcer en masse les production locales et donner les moyens de la reconstruction d’une économie à l’échelle locale très rapidement au delà de la dépense publique.
  • Poursuivre la rénovation du patrimoine bâti et adapter les règles de la construction pour revenir à des modes de construction traditionnels, comme les constructions en pisé, torchis, pierres sèches ou bois qui favorisent au niveau local les compétences techniques et filières courtes et l’exploitation de ressources disponibles. La puissance publique peut être un acteur de développement économique pour favoriser ces modes constructifs et permettre le développement de filières industrielles et la production d’une littérature technique de référence et de certification.
  • Identifier les ressources énergétiques pour rechercher l’autonomie énergétique locale : exploiter les toitures des bâtiments publics de façon systématique pour le solaire par exemple, permettre / favoriser l’implantation d’unités de méthanisation, travailler sur les économies d’énergies
  • favoriser la communication, la visibilité et la lisibilité des actions pour donner l’exemple et susciter les vocations individuelles ou de groupes

A l’échelle nationale et européenne

L’harmonisation européenne des réglementations sur le transport, les pesticides, l’agriculture, la gestion des déchets par exemple doit se faire dans une perspective d’incitation et de contrainte pour application à l’échelle des territoires locaux. La régulation du prix de l’énergie doit relever de la décision politique au niveau européen. L’impulsion sur le prix de l’énergie va favoriser à l’échelle locale l’autonomie énergétique et faire émerger des technologies d’accès à l’énergie et de stockage autres que l’énergie fossile (par exemple l’électrolyse de l’eau en régulation des productions d’électricité pour la production d’hydrogène stockable et l’utilisation du moteur à hydrogène).

L’intervention de l’Etat doit se concentrer sur la Loi, le règlement et l’éducation pour faire émerger en masse des comportements individuels et des initiatives, des économies au niveau local. Le rôle de l’Etat n’est plus celui du grand organisateur et du planificateur. La technologie et la technique évoluent plus vite que le rythme auquel l’Etat est capable d’intervenir. Le rôle de l’Etat n’est plus d’intervenir dans l’économie mais de permettre la mutation des économies et permettre l’émergence des nouvelles économies comme par exemple l’économie de l’usage ou l’économie circulaire.  Il doit donc travailler sur la Loi et le règlement pour les adapter en permanence et ne plus constituer un frein au développement.

L’intervention de l’Etat doit permettre de promouvoir les initiatives et d’agir à l’échelle individuelle et locale, en préservant les investissements des concurrences internationales. Oui, il y a une place pour l’environnement dans le budget de la nation ; non pas celle du financement d’investissements lourds et donc de nouvelles dépenses publiques, mais celle de la modification de l’achat public dans le sens de l’encouragement des initiatives locales et de la prise de risque par chacun des acteurs : acheteur, utilisateur et constructeur.

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